Restos sur le grill

Le blog des nouveaux restaurants à Paris les adresses à la mode, les bons plans, les bonnes adresses, là où il fait bon manger, je vous fais partager mes expériences heureuses ou malheureuses ! (et avec plein de #foodporn dedans !) Viveur de haute licheté !

Restos sur le grill

Chez Vong (Paris 3) : Une institution vieillissante

Haaa ! Vong ! Son Boudha en beurre (si, si), sa déco en carton pâte un brin kitch, son chef attachant et une cuisine qui cultive les traditions d'Asie, j'en avais un bon souvenir. De retour là, rien n'a changé, dommage...

Chez Vong restaurant Paris 3 Rue de la grande Truanderie
Chez Vong restaurant Paris 3

La rue où se situe Vong a des allures de coupe-gorge. Pas étonnant qu'elle s'appelle "la grande truanderie" ! Juste en face une boîte de nuit pas des plus reluisantes (mais très accueillante en after, mais c'est une autre histoire...) et à côté des boutiques fermées. Heureusement qu'une enseigne à l'ancienne signale l'établissement caché derrière un peu de verdure. Une entrée pas des plus engageante et qui ne préfigure pas du tout ce qui se trouve derrière la porte d'entrée...

La salle et son boudha sculpté dans du beurre
La salle et son boudha sculpté dans du beurreLa salle et son boudha sculpté dans du beurre
La salle et son boudha sculpté dans du beurreLa salle et son boudha sculpté dans du beurre

La salle et son boudha sculpté dans du beurre

Car, derrière ces murs gris se cache un véritable Disneyland chinois. Une déco surchargée dans une ambiance vespérale - même s'il est midi - avec des sculptures monumentales ici et là. L'établissement se compose de plusieurs alcôves qui permettent une certaine intimité. Ça se veut chic, mais des détails trahissent la réalité : ne pas regarder par terre. La dernière fois que j'ai vu une moquette aussi usée et tâchée c'était dans les bureaux de mon ancien taffe, mais là aussi c'est une autre histoire. Les nappes aux couleurs fatiguées de la maison ont vécu aussi. Enfin, le fond sonore, une boucle courte "asiatisante" a de quoi rendre fou si l'on s'y attarde.

Mais une chose est sûre ici, vous ne trouverez pas deux restaurants comme ça à Paris !

Dans le menu, 75 propositions. On a connu plus pléthorique dans certains restaurants ! Des plats traditionnels chinois et vietnamiens, mais à des prix des européens voire hollywoodiens : vous avez tous déjà mangé du canard laqué? Ici servi en deux services comme le veut la tradition, comptez au bas mot 123€ pour y goûter ! Du poulet sauce piquante? 25,50€ et le porc sauce aigre-douce alors? 25€ ! Même le riz cantonais atteint des sommets à 13 euros !

En semaine, un menu dégustation à 37€ paraît plus raisonnable. Mais il en existe un autre plus ambitieux à 80€.

Raviolis poêlés à l'agneau Chez Vong restaurant chinois Paris 3
Raviolis poêlés à l'agneau

Je n'ai pas fini de détaillé les différentes propositions du menu, que j'ai déjà le chef de salle qui attend ma commande. Heureusement que je suis devenu un expert en la matière (le choix dans un menu), et commande vaillamment en guise d'entrée des raviolis poêlés à l'agneau. Des gyozas concrètement à 14€.

Puis j'attends. 10 minutes.

Tiens, là-bas, un jeune couple d'amoureux, un peu à l'écart vit une belle romance à partager un restaurant façon In the Mood for love.

Voilà 20 minutes de passées depuis ma commande.

De l'animation (autre que la musique qui commence à me taper sur les nerfs): deux autres personnes s'installent dans la salle. Et vous n'allez pas le croire, fruit d'un hasard qui défie les lois de la statistique, qui voilà, juste à côté de moi, qui n'a pas changé d'un iota (en deux semaines de temps aussi...), oui, Pierre Bonte, encore ! Après Mamie, le voici donc chez Vong. Dingue cette coïncidence, non?

Bon, voilà, voilà. Je me suis remis de mes émotions intérieures. J'attends. Et cette musique....

C'est donc après 35 minutes qu'arrivent dans une assiette, 4 raviolis disposés autour d'un bouquet de persil et d'une fausse fleur en gingembre confit. Mais attention, dans cette maison, hors de question de se servir, on vous a dit "luxe" ! On dispose ainsi dans mon assiette d'une manière un peu autoritaire 2 gyozas qui sont chacun recouvert d'office d'une cuillère à soupe d'une sauce à base de vinaigre et de sauce soja.

Je me saisis des belles et lourdes baguettes pour déguster. Ça croustille, et à l'intérieur c'est plutôt tendre. Par contre, la sauce vinaigrée a tout imprégné, et il est difficile de discerner le goût de la viande.

Deux bouchées plus tard, qui surgit du fin fond de la salle, la serveuse qui bisse son service énergique pour les 2 autres bouchées. Bah, même constat. C'est dommage car certains arômes se dégagent quand même de cette farce qui aurait méritée d'être goûtée sans la sauce.

Le filet de boeuf joyeux Restaurant Chez Vong Paris 3
Le filet de boeuf joyeux

Après la longue attente du début, je m'apprête à avoir le temps de digérer, avant de voir débarquer la suite : le filet de boeuf joyeux (28€) . Que nenni ! A peine quelques minutes après avoir été débarrassé, j'entends de forts crépitements. Je me dis d'abord que ça doit être pour une autre table. Et non, c'est bien pour moi ce tintamarre ! Dans un grand plat placé sur une chauffeuse, la sauce frétille bruyamment.

Filet de boeuf joyeux Chez Vong Restaurant Paris 3
Filet de boeuf joyeux

Evidemment, hors de question de se servir à nouveau. La moitié du plat atterrit au centre de mon assiette. Des lanières de viande (boeuf de race normande), des oignons et la hantise de tout bon migraineux qui se respecte : des champignons noirs ! Pour éponger le tout, j'ai commandé aussi un petit bol riquiqui de riz blanc nature à 4,50€*...

La sauce épaisse épicée et gourmande est très puissante et ne laisse pas franchement la place aux arômes du boeuf qui sont noyés. C'est plutôt bon, pas trop piquant, mais très monotone. C'est dans ces moments là qu'on regrette de ne pas avoir un bon pain pour saucer...

Mon assiettée terminée, j'attends quelques secondes et même manège pour la deuxième partie. Je suis servi illico presto.

Je n'avais pas vu, mais d'autres bruits équivoques ont attiré mon attention : le jeune couple a changé de plat et est passé à la soupe de langues. Que voulez-vous, le printemps, les abeilles, les hormones, tout ça, tout ça ! C'est plus calme du côté de Pierre Bonte.

Gâteau de taro au lait de coco Restaurant Paris 3 Chez Vong
Gâteau de taro au lait de coco

Dessert : commande - servi dans la foulée ! Un gâteau de taro (un tubercule d'Asie dont on fait une sorte de farine) au lait de coco, avec planté dedans façon parapluie à cocktails, un brin de menthe. Le petit gâteau (4 cm de côté) est encore tiède. C'est un flan légèrement granuleux et pas trop sucré. Il est très bon ce dessert ! Simple, mais ça passe très bien ! 14 euros.

Le chef Vong vient saluer les clients. Il respire sincèrement la sympathie.

Pour le vin, pas d'autres choix au verre que rouge ou blanc. Ce sera un "médoc". Bon, il aura fallu que j'insiste en fin de repas pour avoir la référence exacte : Médoc, Château Castera 2010, "une référence qu'on ne trouve pas dans le commerce" me précise-t-on... Mais sur internet, oui visiblement. Coef 3,2. Pas fou ce pif qui n'allait pas très bien avec des plats épicés. 10,50€ le tout petit godet (12cl max).

Quand arrive l'heure fatale de l'addition, je sers les fesses : 61,50€ pour un déjeuner qui ne restera pas en mémoire bien longtemps. Les produits sont beaux, mais d'un classicisme crasse. Ce qui pouvait passer il y a 10 ans pour un exotisme et une originalité folle se fait littéralement ringardiser par les nouvelles tables chinoises qui ouvrent ces derniers temps à Paris comme le Shang Palace, les Saveurs du Sichuan ou le Petit Bao. Mais bon, j'ai pu revoir le boudha géant sculpté dans une motte de beurre de 200kg ...

A noter qu'après avoir payé, j'ai refusé le verre d'alcool de riz qui m'était gentiment offert. Je tiens à mon estomac.

Chez Vong
10 Rue de la Grande Truanderie
75003 Paris (Métro Châtelet les Halles)

Les +:
_ une salle véritable cabinet de curiosité un brin gothique façon Fu Manchu
_ de magnifiques produits à la carte
_ quelques raretés comme l'abalone (52€)
_ l'accueil chaleureux des époux Vong

Les -:
_ la différence dans certains plats avec le "chinois du coin" ne vaut pas cette différence de prix
_ c'est très, très cher
_ pitié, STOP THE MUSIC ! (n'en déplaisent aux Village People)
_ mais laissez-moi me servir à la fin ! Crotte de zut!
_ la salle ET la carte mériteraient un coup de jeune

*oui, il y a un pléonasme dans cette phrase, mais j'écris ce que je veux !


Plan d'accès au restaurant Chez vong Paris 3

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thierry 27/11/2019 11:16

Chez vong, canard laqué bidon.. peau carbonisée ,crèpe froide et très mauvaise sauce du canard (de l'eau aromatisée)
addition 212 euros à 2 avec une bouteille de vin de sancerre et 1 coupe de champagne.....
à éviter c'est un piège à touriste..